vendredi 28 décembre 2007

Derrière Aristote aujourd'hui?

Emissions littéraires et philosophiques, documentaires historiques et presses, font souvent référence à Aristote, ce sage Grecque influencé par la pensée de Socrate crée sa doctrine qui à priori, séduit le pouvoir en place du moment puisqu’on en fait l’apologie.

Pour Aristote toute action tend vers un bien qui est sa fin, et le bien suprême c’est le bonheur à lequel chacun d’entre nous aspire. Il y a trois manières d’y arriver, soit par l’autosuffisance, soit par l’achèvement, soit par son caractère fonctionnel.
D’abord l’autosuffisance c’est d’avoir besoin de rien n’y de personne tel un Dieu. Dans les faits ce ne peut être qu’un sentiment illusoire, car quel homme peut prétendre cela ? Sur le plan macro économique certains états socialistes autarciques en ont fait l’expérience comme l’Albanie, l’URSS, la Chine ... Leurs approches du bonheur est relatives. En clair c’est une situation impossible à atteindre, mais les buts sont justement faits pour ne pas être atteins. A moins que certains pensent y arriver en accumulant des richesses, là où le socialisme a échoué le capitalisme triomphera-t-il ? On a le droit d’en douter.
Ensuite l’achèvement c’est la sensation d’être une personne aboutit, qui n’a plus rien à apprendre. Peut être est-ce un sentiment ressenti après celui de l’autosuffisance, quoi qu’il en soit c’est un sentiment orgueilleux plus que réel. Il révèle l’égo de celui qui se croit complet, c’est encore un artifice. Il a une unique fonction, celle de distinguer et de prendre comme modèle, ceux qui ont atteint ce stade, car ils paraissent détenir un juste pouvoir qu’ils n’ont évidemment pas.
Enfin le caractère fonctionnel d’une personne est un leurre, car cela voudrait dire qu’elle a une nature unique et irremplaçable. Or rien n’est unique et irremplaçable, nous sommes tous interchangeables, le
machiavélisme est de le laisser croire pour avoir le sentiment d’être utile. Il permet d’asservir les hommes à certaines tâches pourvus qu’ils se croient indispensable, ils seront heureux, en tout cas ils feront des fortunés.

Comprenez mieux désormais les célèbres citations d’Aristote :
«Le bien certes est désirable quand il intéresse un individu pris à part ; mais son caractère est plus beau et plus divin, quand il s’applique à un peuple et à des Etats entiers.»
« Il est beau de ne pratiquer aucun métier, car un homme libre ne doit pas vivre pour servir autrui. » Un homme libre doit vivre de l’argent du capital, et assujettir ses semblables les plus pauvres, n’est ce pas notre chère Président ? Heu ... Aristote ?

mercredi 19 décembre 2007

Fin de la démocratie


Dans la télécratie, le politique ne s’adresse plus au peuple mais à une audience, les électeurs deviennent des consommateurs, les politiques des produits. Le but est de passer le message aux auditeurs, pour qu’ils puissent convaincre la masse. Pour cela il est nécessaire de capter l’attention, en utilisant des méthodes marketing, l’audience crée le bruit médiatique, et celui-ci remplace l’opinion publique.

Comme dans tout produit de consommation non basique, le besoin n’est pas réel mais simulé, la politique le devient aussi car elle répond à une attente inventée de toute pièce, dans le but de susciter des élections. Par exemple N.Sarkosy s’est fait préférer à S.Royale sur le projet (entre autre) d’augmenter « réellement » le pouvoir d’achat des français en leur disant la vérité : si vous voulez gagnez plus, il faut travailler plus ! Selon ses propres termes : « Depuis des années, on vous dit que votre pouvoir d’achat augmente. C’est faux.... » (*1).
A s’y tromper ont peut croire dans sa proposition qu’il répond à un besoin, celui de la vérité, mais c’est faux, car sa proposition a toujours été vérifié il n’a rien inventé. En toute logique si on travaille plus on augmente notre salaire, ses prédécesseurs n’ont jamais empêchés personne de faire des heures supplémentaires. De plus il était un membre actif de « l’ancien » système, donc si on nous a mentit, c’est un des menteurs. N’empêche que la finalité était de faire du bruit avec cela, et ça a bien fonctionné. Il ne faut rien attendre de plus.

La voix du peuple n’a aucune valeur, pour preuve la ratification du traité de Lisbonne, suite au non référendaire sur la constitution européenne. Désormais pour faire l’avenir des peuples on peut se passer d’eux. Il suffit de s’expliquer à la télévision pour que tout le monde relais le message que c’était un traité « simplifié » pour faire repartir la machine européenne. Ce traité de 410 articles, 146 pages plus la Charte des Droits Fondamentaux, est loin d’être simplifié mais peut importe le mensonge. C’est une preuve de plus que la démocratie est en train de mourir au profit de la télécratie, le règne de l’image et de l’illusion s’est substitué.

Partant du constat que le message est le media comme l’a démontré Mc Luhan (*2), peut importe le contenu puisqu’ici on s’intéresse au contenant. L’idéologie politique se vide de tout sens, c’est l’homme qu’il y a derrière qui compte, mieux c’est son apparence. La démocratie permet de choisir un leader comme on prendrait un abonnement, à date d’anniversaire du contrat, on peut renouveler ou non pour en choisir un autre qui répondra au même nécessité. La forme peut changer mais le fond restera le même.
On attend couramment dire, c’est l’image de la France qui compte dans cette affaire, que ce soit pour des questions européennes ou de politique étrangère, mais c’est justement ça le problème. Doit on baser le destin d’un peuple sur une image ?

-(*1) : http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=05_pouvoir_d_achat
-(*2) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_McLuhan